|
En hiver la route n'était pas dégagée et nous devions nous frayer un chemin dans la neige, parfois jusqu'a la taille. Nous étions tous mouillés et notre maitresse séchait nos vetements pres d'un poele a bois. Il y avait une seule salle dans laquelle les cinq sections étaient réunies. Notre bon professeur réussissait tres bien a s'en occuper. Les enfants de premiere section s'asseyaient sur la premiere rangée de sieges, ceux de seconde section derriere eux et ainsi de suite. Quand les premieres sections dessinaient, les secondes sections faisaient un contrôle d'arithmétique et les autres écoutaient les secrets de la grammaire ou de la géographie. L'heure suivante les roles étaient inversés. Les plus jeunes bénéficions de ce systeme car nous entendions ce qui était enseigné aux plus agés et nous apprenions avec eux. A la fin nous chantions et faisions du sport ensemble. En hiver nous le faisions a l'intérieur et en été dehors dans la cour. |
|
Il n'y avait bien sur pas de cantine scolaire. Pendant la pause nous mangions des sandwiches préparés par nos meres ; et il n'y avait pas le luxe d'un gymnase - nous n'avions pas de mot pour une telle chose. Comme il s'avéra plus tard, il y avait beaucoup d'autres termes inconnus. Des expressions comme: la guerre, les camps, l'holocauste, ne signifiaient rien pour nous, du moins rien de réel. Dans mon imagination la guerre signifiait des garcons se battant avec des batons et se déclarant soldats. Les garcons aiment jouer aux soldats mais les années 1941 - 1945 quand l'armée allemande vint dans notre pays n'étaient pas un jeu d'enfants, mais la réalité dure et cruelle. |
|
Durant la guerre des gens disparaissaient de nos vies et beaucoup ne revenaient pas. Certains allaient combattre a l'étranger, beaucoup d'entre eux joignaient la British Royal Air Force, certains finirent en prison. Les jeunes Slovaques étaient enrolés par les allemands et devaient combattre l' " ennemi " sur le front russe. Beaucoup de jeunes vies y finissaient. Un jeune homme, qui plus tard devint mon mari, passa deux années en Ukraine. Comme il disait, sa conscience était nette, il n'avait jamais utilisé une arme contre la population civile, jamais tué personne. Il avait pu voir de ses propres yeux " la solution finale a la question juive " en Ukraine. Et il en entendit bien plus par les survivants. Quand il a vu le film de Spielberg l'holocauste décrivant la tragédie des familles Weis, mon mari a dit : "Tout est vrai, ca se passait comme ca ".
|
| La
radio locale controlée par les allemands donnait des nouvelles du
front. Au début elles étaient remplies des progrés
victorieux de l'armée allemande, puis se changerent en "repli
stratégique" qui continua jusqu'à Berlin. Le terme "repli
stratégique" n'est pas encore clair pour moi. Il était
grand temps que cette guerre horrible se termine. Je me souviens de paquets
d'aide arrivant via UNRRA. Aujourd'hui encore je me souviens du gout de
la premiere poudre de lait que j'ai goutée. Le mouvement des jeunes
scouts fut ressuscité. Nous apprenions a aimer la nature et toutes
les nouvelles jolies choses. Etc, etc. Et ce lieu est encore avec nous et
n'est-ce pas merveilleux !!! |
|
Marcela
Smolková
née le 29.1.1932
|
|
Marcela a écrit une autre histoire a propos de cette période : |